Étude: Améliorer les résultats chez les femmes de moins de 55 ans

La qualité de vie des femmes au cœur du problème : des chercheurs canadiens ont découvert que pour certaines questions relatives à la santé du cœur, les femmes ne s’en sortent pas aussi bien que les hommes.

EMBARGO JUSQU’À 00 h 01 HAE, le 25 OCTOBRE 2011

Vancouver – Une étude de la Fondation des maladies du cœur et de l'AVC a déterminé que les femmes de moins de 55 ans se remettent moins bien que les hommes d’une crise cardiaque et que leur état de santé après un mois décline davantage que celui des hommes.

L’étude AMI55 a constaté que les femmes de 20 à 55 ans avaient des restrictions physiques beaucoup plus graves, davantage de récurrences de douleurs dans la poitrine et une moins bonne qualité de vie que les hommes un mois après une crise cardiaque. Comparativement à leur évaluation de base, elles ont vu leur état de santé se détériorer en ce qui a trait aux limitations physiques et aux récurrences de douleurs dans la poitrine. Chez les hommes, seules les limitations physiques avaient empiré un mois plus tard.

« Même si la forte prévalence des facteurs de risques cardiaques traditionnels, comme le diabète, le tabagisme et l’hypertension jouent un rôle, ils n’expliquent pas entièrement ces mauvais résultats observés chez les femmes », déclare Dre Karin Humphries, professeure au sein de la Fondation des maladies du cœur en santé cardiovasculaire féminine à l’UBC. « Voilà pourquoi notre étude s’est concentrée sur l’examen des facteurs de risque non traditionnels tels que la dépression, l’anxiété et le soutien social. »

Dre Humphries estime que la lenteur relative de la convalescence des femmes est en partie attribuable aux normes sociales et culturelles qui placent généralement les femmes de ce groupe d’âge dans un rôle d’aidant.

« Ces femmes n’obtiennent probablement pas le soutien dont elles ont besoin pour se remettre d’une crise cardiaque », constate-t-elle. Les femmes font moins souvent usage de la réadaptation cardiaque que les hommes, et ce, même si on les aiguille vers cette ressource. Nous devons aider les femmes à surmonter les obstacles qui les empêchent d’utiliser cette ressource essentielle à leur rétablissement. »

Les explications possibles des différences de résultats, dit-elle, seraient que les femmes attendent plus longtemps avant de voir un médecin, qu’il est moins probable qu’elles pensent faire une crise cardiaque, qu’elles risquent davantage de remettre le traitement à plus tard et qu’elles passent souvent leurs symptômes sous silence ou les signalent moins. En plus, les professionnels de la santé ont moins tendance à soupçonner des maladies du cœur chez les femmes.

Elle ajoute que les résultats chez les jeunes femmes pourraient être améliorés grâce à une sensibilisation accrue à l’égard des facteurs de risque et des symptômes des crises cardiaques.

L’étude a étudié 286 patients de 55 ans ou moins, dont 75 femmes, répartis dans cinq hôpitaux de la C.-B. Les chercheurs ont recueilli les données de référence lors de l’arrivée des patients après une crise cardiaque et ont fait un suivi des caractéristiques démographiques, cliniques et psychosociales après un, six et 12 mois.

Seulement en Colombie-Britannique, plus de 1 000 adultes de moins de 55 ans sont admis à l’hôpital chaque année après une crise cardiaque. De ceux-ci, 25 % sont des femmes.

« Nos résultats montrent qu’il est toujours possible de s’améliorer », explique Mona Izadnegahdar, coauteure de l’étude et candidate au PhD en épidémiologie à la School of Population and Public Health de l’UBC. « Nous pouvons améliorer ces probabilités en sensibilisant les gens aux signes avant-coureurs et aux symptômes des crises cardiaques et en les éduquant sur la façon de reconnaître et de gérer les facteurs de crise cardiaque, ainsi qu’en les renseignant sur les ressources cardiaques, comme les programmes de réadaptation, et sur la manière d’y accéder. »

Les chercheurs ont également découvert dans le même groupe que même si la douleur à la poitrine était le symptôme le plus courant d’une crise cardiaque chez les hommes aussi bien que chez les femmes, les femmes souffraient d’une douleur à la poitrine plus prononcée. Elles avaient également une plus grande gamme d’autres symptômes douloureux que les hommes, tels que de la douleur dans la nuque, la gorge, le bras gauche et l’épaule. 

« Cette étude est cohérente avec les autres études qui montrent que la qualité de vie des femmes atteintes d’une maladie cardiaque est pire », déclare le Dr George Honos, porte-parole de la Fondation des maladies du cœur. « Les maladies cardiaques sont la principale cause de décès chez les femmes au Canada. Être attentif aux signes avant-coureurs et agir rapidement en fonction de ces signes peut sauver des vies et améliorer les résultats. » Il dit que les femmes et les membres de leur famille devraient parler à leurs médecins, être vigilantes aux symptômes et comprendre qu’elles ne sont pas à l’abri d’une crise cardiaque.

Dr Honos recommande aux femmes d’apprendre comment protéger la santé de leur cœur avec la campagne Le cœur tel qu’elles (lecoeurtelquelles.ca) de la Fondation, qui sensibilise les femmes à la manière de déterminer leurs risques et les signes avant-coureurs des maladies du cœur et des AVC, en plus de leur montrer comment apporter des changements à leur mode de vie et à agir pour réduire leurs risques jusqu’à 80 %.

Les signes avant-coureurs d’une crise cardiaque ‒ chez les hommes et les femmes ‒ sont :

  • Malaise dans la poitrine (pression inconfortable dans la poitrine, serrement, oppression, douleur, brûlement ou lourdeur)
  • Inconfort dans d’autres zones de la partie supérieure du corps (nuque, mâchoire, épaules, bras, dos)
  • Essoufflement
  • Sueurs
  • Nausée
  • Faiblesse

Si vous ressentez l’un ou l’autre de ces symptômes, composez immédiatement le 9-1-1 ou le numéro local des urgences.

Cette étude a été présentée au Congrès canadien sur la santé cardiovasculaire 2011, coorganisé par la Fondation des maladies du cœur et de l'AVC et la Société canadienne de cardiologie.

Pour de plus amples renseignements ou des entrevues, veuillez communiquer avec

LE BUREAU DE PRESSE DU CCSC 2011 AU 778-331-7615 (du 23 au 26 octobre)

Après le 26 octobre 2011, veuillez communiquer avec :

Jane-Diane Fraser

Fondation des maladies du cœur et de l'AVC

613-569-4361 poste 273, jfraser@hsf.ca